L’Attirail

Portait de Xavier Demerliac par Fred Lebourg

L’Attirail nait sur les routes au milieu des années 90. Lors d’un road-trip commun, Xavier Demerliac (guitare) et Jean-Stéphane Brosse (accordéon) définissent l’esthétique du futur groupe : créer une musique acoustique imaginaire, en mélangeant avec humour frontières et géographies.

Dès le premier album, Musiques des Préfectures Autonomes (1996), L’Attirail séduit la critique par son style : musique décalée, post-tradition, mix de cultures et de sonorités, ponts entre L’Est et l’Ouest, entre puristes de la tradition et adeptes de la modernité. L’atmosphère créée par cette musique, en apparence simple, et en réalité complexe, est tout à fait propice à la dissociation en douceur de l’auditeur d’avec son socle, et son départ vers des contrées familières mais inconnues. L’ajout de bandes sonores, glanées partout dans le monde par Xavier Demerliac, participe à l’originalité de ces road-movies musicaux.

1999 est une année charnière : Jean-Stéphane s’éloigne pour d’autres aventures et, avec Cinéma ambulant, Xavier démarre une collaboration réussie de 6 ans avec le label indépendant Naïve et son fondateur Patrick Zelnik, fidèle soutien de L’Attirail. Le groupe représentera la France au WOMEX 2004. Les années 2000 voient les concerts s’enchaîner : Printemps de Bourges, Fête de l’Huma, L’Olympia avec Kusturica entre autres…

Après 6 albums à construire une Europe virtuelle allant de Paris à la Mer Noire, des Balkans à l’Asie Centrale, le groupe bifurque vers l’ouest et enregistre à partir de 2009 (en partenariat avec l’éditeur K Musik) une trilogie du Grand Ouest aux accents mexicano-folk. On passe ainsi de l’Ouest originel (Wilderness) à l’Ouest sans foi ni loi (Wanted Men) et enfin à l’Ouest pacifié (Wire Wheeels). Dorénavant l’univers de L’Attirail est multifacettes, créant une musique toujours plus visuelle avec les grands espaces et la connexion à la nature comme fil conducteur.

Depuis 2017, en association avec CSB Productions ( Le rébus de l’explorateur est le sixième album en commun), se dessine une synthèse des 2 premières périodes discographiques de L’Attirail, un pont naturel entre l’Est et l’Ouest, l’Europe et le reste du Monde. Footsteps in the Snow, sorti en 2020, très représentatif de ce nouvel axe, devient sélection FIP et fait partie des 40 meilleurs albums du Transglobal World Music Chart (panel de radios du monde entier) pour la période 2020-2021. L’humour a sa place dans ces nouveaux voyages oniriques, avec la complicité revigorante de Sidi Bemol, allant de différentes expériences nautiques dans le désert au développement mondial d’un réseau d’Honorables Correspondants du groupe. Et les clips réalisés par Ira Wiz participent pleinement à cette musique tout en ironie.

Le groupe réussit aussi sa transition numérique avec plus de 10000 abonnés sur les plateformes de streaming (Spotify, Deezer …), 16 millions de streams cumulés et 50000 auditeurs mensuels sur Spotify notamment.

L’Attirail c’est aussi le cinéma et les musiques à l’image. Le groupe a enregistré plusieurs musiques de film (notamment Peau Neuve dès 1998 et Tout est Permis en 2014 d’Emilie Deleuze, Mon Meilleur Ami de Patrice Leconte en 2006…).

Sa musique est régulièrement utilisé dans des longs métrages (La maison, Voir la mer, Eyjafjallajökull, My Sweet Pepper Land, Qui a tué Lady Winsley), des bandes annonces (Taxi Téhéran de Jafar Panahi), des documentaires, des publicités (Microsoft, Amora …).

L’Attirail a aussi enregistré plusieurs musiques de spectacle (Cie Jérôme Thomas, Cie L’Eolienne …) et des albums d’illustration sonore (Kosinus Records, RFI instrumental, MYMA).

Enfin, après 12 ans de concerts, le groupe s’est spécialisé depuis 2008 dans la création de ciné-concerts (d’abord dans le cadre d’un partenariat avec Cannes Cinéma jusqu’en 2015) et joue très régulièrement sur des films muets allant du burlesque au fantastique en passant par le documentaire, dans des festivals de ciné-concerts, des théâtres et des cinémas.

En conclusion et pour résumer autrement la musique de L’Attirail, la traduction de la récente chronique de Diariofolk (média en ligne madrilène consacré aux musiques actuelles) sera parfaite :

« L’Attirail, groupe français mené par l’inclassable et infatigable Xavier Demerliac (guitare), possède une discographie riche et intense. Avec Jean-Stéphane Brosse (accordéon), il a lancé cette machine à musique imaginaire au milieu des années 90.

Depuis, L’Attirail, totalement libre de toute contrainte et doté d’une créativité hors du commun, compose de courtes bandes originales pour chaque morceau, accompagnant un mélange doux et intense d’émotions et de couleurs. Il éveille nos sens grâce à une multitude de ressources sonores et toujours instrumentales.

Que ressent-on à l’écoute de la musique de L’Attirail ? D’abord, une intense impression de familiarité, comme si on l’avait déjà entendue, surtout si l’auditeur possède ne serait-ce que quelques notions de cinéma. Car, en effet, si leur musique ressemble à quelque chose, c’est bien à du cinéma (ils ont participé à plusieurs bandes originales) et les titres de ces films nous y mènent encore plus loin (« Notre correspondant à Syracuse », « Le grand échange d’espions », « À la recherche de la taupe », « Opération Pacharán », …) suscitant un sourire entendu chez l’auditeur non averti.

Espions locaux, gangsters à l’écran, westerns à l’ancienne aussi divertissants que sans effusion de sang… le tout sans effets spéciaux ni artifices de studio, grâce à une maîtrise exceptionnelle d’instruments principalement acoustiques. Ils construisent ainsi des fondations sonores solides et épurées, supportant un discours mélodique clair et captivant, aussi agréable, bref et divertissant qu’inclassable.

En bref, L’Attirail sort des albums depuis des années, fidèles à leur style unique, qui évoque parfois le Penguin Café Orchestra ou le groupe de Nacho Mastretta, pour ne citer que deux références plus pointues. Ils y ajoutent une bonne dose d’humour, sans aucune limite géographique ni stylistique.

Allez-y, sans crainte… ! »

DIARIOFOLK – Ángel Goyanes
Chronique d’Honorables correspondants 13 novembre 2025

Vidéos

Discographie

  • Le Rébus de l’Explorateur, 27 mars 2026
    CSB Productions
  • Chers Revenants, 2025
    CSB Productions
  • Honorables Correspondants, 2023
    CSB Productions
  • Road to Grasslands, 2022
    CSB Productions
  • Footsteps in the snow, 2020
    CSB Productions
  • How to swim in the desert, 2018
    CSB Productions
  • La Part du hasard, 2017
    CSB Productions
  • La Route intérieure, 2015
  • Wire Wheels, 2013
  • Wanted Men, 2011
  • Wilderness, 2009
  • Kara Deniz, 2007
  • La Bonne aventure, 2004
  • La Bolchevita, 2002
  • Cinéma ambulant, 1999
  • Dancings des bouts du monde, 1997
  • Musiques des préfectures autonomes, 1996

Site

lattirailgroupe.fr